Eugène Green – La Religieuse portugaise

Lorsqu’on aime le Portugal passionnément, pour n’y avoir par exemple jamais mis les pieds, et le Christ passionnément pour avoir encore l’ambition de l’atteindre dans sa gloire, il faut aller voir La Religieuse portugaise d’Eugène Green au cinéma.

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C’est un Eldorado du mieux-parler, dans tout ce que la diction bressonienne implique de plus harmonieux pour l’oreille du cinéphile ; c’est un refuge pour le fado, dont le chant dit le désir de sens dans un monde purement inutile ; c’est un éloge de l’amour unique, en contradiction avec les partitions entre le charnel et le spirituel que nous font subir cette époque.

Lisbonne, la ville minérale, voit la vie de Julie se dissiper, chapitre par chapitre, dans celle des autres. Les couleurs et les paysages, les regards et les visages, le fado et la diction : tout menait en réalité vers le Christ, adoré jusqu’à l’oubli de soi par cette religieuse très pure dans une petite chapelle des hauteurs de la ville. Une illustration de la mortification de soi au profit de la vérité. Il n’en est qu’une. Deo Gratias.

Consultez de ce pas les séances.

Comments (11) left to “Eugène Green – La Religieuse portugaise”

  1. camille wrote:

    Hello !
    ça me tente drôlement, mais… il y a un truc qui me gêne : j’aurais mis “portugaise” sans U après le G.

    Ouaip, je chipote !

    amitiés.

  2. SBC wrote:

    et mais c’est vrai qu’elle est étrange cette affiche, je n’avais pas calculé. une sorte de mauvaise traduction, un entre-deux

  3. Matthieu wrote:

    Chère S, merci de m’avoir permis de dire en direct à Camille combien son blog va nous manquer. Vivement son retour. Et merci pour le vôtre et ce billet qui donne envie d’aller voir ce film.

  4. Etienne wrote:

    La meilleure nouvelle de ma journée. Je doute qu’il soit aussi bon que le magnifique “Pont des Arts” (Podalydès y est au sommet de son art) mais dès ce soir je vais le voir (quand il n’y a que deux salles à Paris pour ce film, il faut faire vite…)

  5. SBC wrote:

    Matthieu, il n’y a pas de quoi. Vous êtes un lecteur discret, mais si fidèle.

    Etienne, je suis très heureuse de te lire et de savoir que tu aimes Green. Il faudra qu’on en parle ensemble, car pour moi c’est un ami qui vient de me faire découvrir. jusqu’à présent c’était un nom dans le vent. bon film

  6. Matthieu wrote:

    J’ai commencé hier soir un beau livre qui donne par avance la nostalgie d’un Lisbonne à découvrir.
    “Une femme penchée sur le parapet d’un pont, un matin à Berne, sous une pluie battante. Le livre, découvert par hasard, d’un poète portugais, Amadeu de Prado. Ces deux rencontres bouleversent la vie du sage et très érudit professeur Raymond Gregorius. Au milieu d’un cours de latin, soudain il se lève et s’en va. Il prend le premier train de nuit pour Lisbonne, tournant le dos à son existence anti-poétique et sans savoir ce que vont lui révéler la beauté étrangère de Lisbonne et le livre d’Amadeu.”
    Train de nuit pour Lisbonne, Pascal Mercier, Maren Sell Editeurs

  7. SBC wrote:

    Donne pas mal envie de partir en vacances après un cours de latin, effectivement.

  8. Matthieu wrote:

    On en parle bien aussi ici :
    http://ab2t.blogspot.com/2009/11/eugene-green-et-sa-religieuse.html

  9. Sébastien wrote:

    Merci pour nous avoir signalé ce film. J’ai beaucoup aimé. Le rythme est lent mais on ne s’ennuie pas. Rarement musique (le fado) m’aura autant ému. Comme disait Péguy : “le spirituel est lui-même charnel”. La religieuse portugaise en est l’illustration.

  10. Laurent wrote:

    A propos de cours de latin, “Deo Gracias” s’écrit en fait “Deo Gratias”… Mais le lecteur aura rectifié de lui-même. Heureusement que SBC ne fait pas (encore) de cinéma, ça aurait encore fait une affiche avec une faute ! Mais Deo Gratias, ça ferait un beau titre de film, non ?

  11. SBC wrote:

    C’est l’Espagne qui parle en moi… merci pour votre message Laurent. Je fais toujours des fautes de frappes ou d’étourderie dans mes messages. C’est nul, mais ça vient sans doute du fait que je fais ça trop vite. Aucun recul, c’est la jeunesse et le fanatisme.

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