Shou badou badou badoulia doubadou

… tel était l’intitulé, non eschatologique mais bien scat-ologique (ho, ho) du mail de mon amie blogueuse Tilly pour me sensibiliser au jazz vocal et au concert annuel de son groupe de chanteurs. I was up there.

Je suis partout. Nan, pas forcément mais pas assez de sommeil. Ce week-end à Chartres, où je me fais expliquer la perduration des spiritualités païennes dans le christianisme (le mythe des Carnutes rendu à une jeune vierge enfantant un sauveur, devenu le pèlerinage de Notre-Dame de Chartres) et mardi soir dans la magie du Swan Bar à Port Royal pour ce concert, dont les chanteurs étaient amateurs mais brillants et les musiciens professionnels mais irréprochables. Comme c’est la saison du gin fizz dans mes calendes alcooliques, je l’ai sifflé en compagnie charmante d’une choriste professionnelle super sympa, qui bosse pour Johnny et Christophe Mahé (question : Dominique Mahé sur la liste “Debout la République” des Européennes est-elle la mère de Christophe Mahé ? – rires – après on débouche sur des “ta mère aux Européennes”, et je connais des amateurs). Le hasard a du bon et les gens de musique, je préfère très souvent leur compagnie aux gens de livres : ils parlent simplement, et ils ont en eux la fougue qui manquent aux rats de bibliothèque. Comme les gens du Christ, ils ont une idée sans équivoque de la beauté et de la bonté, même s’ils comptent sur les gens de livres pour l’expliquer. Je sais que je nourris une idée du sacramentel très marginale, mais je ne saurais la changer. “Est beau ce qui est beau intérieurement” disait Vassili, et toc.

Hier soir donc, avec un gin fizz et une choriste de jo-jo, on assiste à une jolie programmation :

- Mc Splivens (blues, Dexter Gordon, paroles en français d’Isabelle Carpentier)
- A quoi ça sert l’amour (chanson Edith Piaf, dans la version bossa de Theo Sarapo)
- Roses de Picardie (ballade populaire)
- Blues in the night (blues, standard Great American Songbook)
- Fleur bleue (chanson, Nougaro)
- Making whoopee (standard swing, Gus Kahn)
- My favourite things (ballade, comédie musicale américaine)
- J’ai ta main (chanson, Trenet)
- Love for Sale (standard swing)
- La belle dame sans regrets (chanson de Sting, écrite en français)
- They can’t take that away (standard swing, G. et I. Gershwin)
- Let’s face the music and dance (standard swing, Irving Berlin, film musical)
- Boum (chanson, Trenet)
- Cheek to Cheek (standard swing, Irving Berlin, film musical)
- Bye bye blackbird (standard, Henderson et Dixon)
- Leaving again (composition ?)
- J’aime Paris au mois de mai (chanson, Aznavour)
- El cuarto de Tula (bossa, chanson populaire cubaine)
- My heart stood still (standard swing, Rodger et Hart, comédie musicale)

Merci et bravo à Tilly pour ce concert et sa performance ! Les musiciens (autant leur faire de la pub) étaient Isabelle Carpentier (chant, je dirais maître de chœur), Pierre Christophe (au piano), Cedric Caillaud (à la contrebasse). Trouvez en lien des pages sur leurs productions, et leurs albums sur Amazon.fr.

L’explication de la beauté et de la bonté des gens de musique par les gens de livres passera ces jours-ci par ma lecture de Nuage de Marc-Edouard Nabe (ed. dilettante), cadeau de Tilly et hommage au grand Django. Texte simple et propre, qui nettoie le métro du matin (remarquez cela s’il vous plait : les “gens du métro” sont très laids le matin je ne sais pas pourquoi, c’est sans doute le contraste avec la beauté des nuits et par conséquent, il faut un bon livre pour contre-balancer). Armez-vous de patience : la société sans classe sera une société sans métro. ou alors avec une première classe.

Comments (4) left to “Shou badou badou badoulia doubadou”

  1. Didier Goux wrote:

    Ah ! on regrette de n’y avoir point été (avec liaison entre “point” et “été”) !

    Cela étant, My favourite things par quelqu’un d’autre que par Coltrane, je pense que j’aurais eu du mal. Mais, enfin, avec douze ou treize bières…

  2. tilly wrote:

    Tsst tsst, m’avait dit qu’elle y connaissait rien de rien en jazz… qu’elle voulait que je lui donne la liste des morceaux juste pour commencer à se faire une liste de standards à savoir reconnaître…

    Même Nabe a écrit : “Je connais tous les standards, mais j’ai oublié leurs noms”, In: Chacun mes goûts.

    et puis tiens une autre citation, du même, toujours :
    “Le jazz ça ne s’improvise pas”

    et encore une autre :
    “Il ne faut jamais avoir le sens de la mesure. Sauf en jazz”

    – merci chère SBC pour cette brillante chronique d’un petit bonheur collectif –

  3. Marignac wrote:

    Le jazz, et que ce flambard de Nabe aille se faire lanlaire, с une musique de medecins et davocats. bientot 50 ans que ca n’a plus aucun sens.
    Chere Albertine, salut de Kiev.
    Amities
    T

  4. SBC wrote:

    merci des coms.

    Thierry que j’aime, grand vagabond, merci mille fois d’être passé par là. je pense à vous.

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